Nos lectures

Livres du cercle de lecture de juin 2026

Dans le cadre du mois des Fiertés de l’Aude, féminisme, femmes et LGBTQIA+

présenté par Diane R. :

La fille dans l’écran de Lou Lubie

Elle raconte l’histoire de deux femmes qui vont se rencontrer sur internet et échanger autour de la photographie.
De cet échange au début amical, naîtra une histoire d’amour.
Cette BD est écrite à deux.
L’une des autrices dessine la page de droite et raconte l’histoire d’une des deux personnages.
L’autre dessinatrice fait la même chose sur la page de gauche.
Les deux pages se répondent donc, et un côté est plutôt terne, l’autre plutôt joyeux.
Lorsque les deux femmes se rencontrent, les dessins, couleurs se croisent alors.
Une BD très agréable à lire !


présenté par Claire B. :

Le bleu est une couleur chaude de Juh Maroh

Une magnifique BD en noir et blanc et bleu, autour d’une relation entre deux femmes, de ses joies, désirs et bonheurs et de ses difficultés.
Abordé aussi : 

  • Hétéro, l’école ? de Gabrielle Richard sur l’hétéronormativité de l’école
  • La fin des monstres, de Tal Madesta, récit/essai personnel d’une personne trans
  • La BD Ecumes de Ingrid Chabbert et Carole Maurel sur le deuil de l’enfant dans un couple de femmes


présenté par Carole R. :

L’autrice Jeanne Galzy

Jeanne Galzy est une autrice qui m’est très chère, j’ai choisi de présenter son œuvre lors de notre cercle de lecture dédié aux LGBTQIA+. Jeanne Galzy a malheureusement été complètement invisibilisée tant à Montpellier sa ville natale qu’au niveau national, alors qu’elle est à l’origine d’une œuvre littéraire incroyable, certains de ses romans ayant été traduits en allemand et en anglais. 
Jeanne Galzy est née en 1883 et morte en 1977. Lesbienne, elle a notamment été la compagne de la sociétaire de la Comédie française Caroline Second-Weber, lesbienne elle a écrit et décrit à de nombreuses reprises dans ses romans des amours entre femmes. Professeure de lettres, Mlle Jeanne Baraduc a choisi d’écrire sous le nom de Jeanne Galzy. D’ailleurs son premier roman elle choisit de le publier sous le nom asexué de J. Galzy et tout le monde crut bien évidemment à l’époque, en 1911, que l’auteur devait être un homme, en particulier parce que son premier roman est écrit à la première personne et qu’il décrit parfaitement la beauté d’une jeune fille à Maguelone. Bref….
J’ai découvert celle que j’appelle affectueusement « ma » Jeanne depuis à peine 10 ans maintenant. J’ai lu (quasiment) toute son œuvre. 
Je ne peux que vous encourager à la lire, en commençant par exemple par la fin : l’œuvre en plusieurs romans qu’elle a dédié à l’histoire d’une famille de riches propriétaires terriens protestants et qu’elle a écrit pendant les 10 dernières années de sa vie, le tout en 4 tomes, le 5e ayant disparu après sa mort avant que quoique ce soit puisse être publié. La saga se nomme « La surprise de vivre » (du nom du premier opus). Sa réédition en 1997 a été préfacée par Hélène de Monferrand dont je cite la remarque suivante « En 1969, venant de lire La Surprise de vivre, Marguerite Yourcenar écrivait à l’auteur : « Vous m’aviez annoncé surtout une chronique du Montpellier d’autrefois. Comment deviner que le gros manuscrit […] contenait tant de journées d’été, de nuits tièdes au bord d’une rivière, de siestes brûlantes. Je ne m’attendais pas […] à une si fiévreuse idylle… L’amour des deux femmes est décrit sans un mot de trop ni de trop peu. » Cette « fiévreuse idylle », en effet, insérée dans la vie d’une famille huguenote conventionnelle, se développe avec une exquise lenteur si bien que la chute de la belle Éva dans les bras de Hilda Steenes nous soulage d’une tension extrême mais parfaitement délicieuse. »

Jeanne Galzy fut une des amies les plus proches de Natalie Clifford Barney pourtant ce fait passe souvent inaperçu dans les études sur la littérature lesbienne du début du 20e siècle.
Elle fut également une proche des écrivaines Colette et Marguerite Yourcenar. 
En 1923, elle décroche le Prix Femina, devant Joseph Kessel et Henri de Montherlant, pour son roman Les Allongés, republié en 2023 par Gallimard et préfacé pour l’occasion par Alice Zéniter et Monica Sabolo. 
Elle meurt sans laisser d’enfants, sans laisser de nièces ou neveux, souvent bien après ses amis…
Lisez Jeanne, faites la lire, aidez-moi à effacer un oubli qu’elle ne mérite pas !


Livres du cercle de lecture de avril 2026

Féminisme, femmes et extrême droite

présenté par Diane R. :

Le Réseau Corneille de Ken Follett

Betty est une officière de l’armée britannique. A quelques jours du débarquement de juin 1944, elle se lance dans une mission de sabotage d’une centrale téléphonique.
Elle doit recruter un groupe de femmes, car elles pourront ainsi se faire passer pour des opératrices téléphoniques.
Ces femmes ont toutes des profils très divers et sont toutes novices en espionnage, résistance…
Pourtant en quelques jours elles sont formées et arrivent dans le village où se situe la centrale téléphonique.
Un roman d’espionnage, inspiré de faits réels, qui met en avant le rôle des femmes dans la résistance.


présenté par Claire B. :

La carte postale d’Anne Berest

Pour moi, l’extrême droite est liée aux époques du passé ou de l’ailleurs où cela a été « testé ». La carte postale évoque notamment les mises en œuvre progressives des lois contre les juifs à des lieux et moments (des années 30 au années 40, en Allemagne, en Europe de l’Est, en France) où beaucoup pensaient que la société avait évolué et qu’on n’en était plus à l’époque des pogroms de la fin du XIXe et du début XXe, et que les juifs intégrés seraient épargnés, et où on ne pouvait pas imaginer jusqu’où l’obsession du bouc émissaire irait.
La carte postale est la quête de souvenirs familiaux de la famille maternelle de sa mère par l’autrice.



présenté par Carole R. :

Réprimer et réparer : une histoire effacée de l’homosexualité de Antoine Idier, Les Éditions Textuel Idées/Débats

J’ai lu cet ouvrage et je l’ai proposé au groupe car Antoine Idier est un jeune historien français qui est une référence dans le domaine de l’histoire des LGBTQIA+ et de leurs archives. Cet ouvrage prend place dans le contexte d’un projet de loi adopté en décembre 2025 à l’Assemblée nationale portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et 1982, date de la dépénalisation de l’homosexualité en France.
Ce qui m’a le plus marqué dans son étude, qui vulgarise par son ton et son choix d’écriture un sujet d’histoire, c’est la résonance de la répression subie par les personnes homosexuelles, en particulier masculines, avec celle subie par les femmes pendant la même période. D’ailleurs son étude ne se borne pas à la chronologie du projet de loi (1945-1982), ce qui en fait un autre intérêt de lecture. L’écho avec les femmes, et leur répression avant la Seconde Guerre mondiale essentiellement, c’est un lien que j’ai établi avec deux autres ouvrages lus l’an passé : Mon vrai nom est Elisabeth (Adèle Yon) et le catalogue de l’exposition photographique d’Agnès Geoffray sur la prison de femmes de Cadillac Elles obliquent elles obstinent elles tempêtent : la constance de la répression pour motif moral subie par les femmes et les minorités de genre plutôt (et précédent) une répression d’ordre pénal.
Livre pédagogique, facile à lire, que je conseille à toute personne s’intéressant à l’histoire des LGBTQIA+ en France. 

Jeune et fauchée de Florence Dupré la Tour, Charivari, 2026

Un roman graphique que j’ai adoré parce que j’adore son autrice : Florence Dupré la Tour. Comme à son habitude, on rentre dans son enfance, sa famille, son quotidien, ou tout du moins ce qu’elle en perçoit. C’est une fois encore un bel opus qui permet de ressentir toute la galère d’une femme au XXe et XXIe siècle qui choisit de faire de la BD son métier, par extension j’y ai aussi ressenti finalement la galère pour une femme d’assumer un choix professionnel, d’assurer son indépendance, ses choix de vie. C’est à la fois poétique, drôle, émouvant et percutant.

Ann d’Angleterre de Julia Deck, Point littérature, 2025

Roman d’autofiction, déjà c’est un style que j’apprécie beaucoup à titre personnel, qui m’a été vivement conseillé par une amie qui pensait que l’humour de l’autrice correspondait à ma personnalité.
Effectivement, je ne connaissait pas Julia Deck jusqu’à la lecture de son dernier roman et je confirme que son livre est plein d’un humour d’ailleurs assez « British » qui n’est pas sans me déplaire ! Mais pas uniquement. Il est surtout traversé par une humanité et une dignité qui m’ont touchées. Par contre, « âme sensible s’abstenir », ou tout du moins les personnes qui comme moi ont récemment perdu et/ou accompagné un parent mourant ayant fait une chute, car j’avoue que j’ai été quelque peu bousculée par la justesse de la description de ce qu’a traversé l’autrice par rapport à l’accident et l’hospitalisation de sa mère. 
J’ai beaucoup aimé la dynamique du roman qui rebondit d’un chapitre sur deux sur récit dans le présent / récit dans le passé, où l’un nourrit forcément l’autre, et la lectrice au passage.
Je conseille vivement !


présenté par Camille :

Nous sommes tous des féministes / We Should All Be Feminists de Chimamanda Ngozi Adichie, Folio bilingue

Un livre très court, et très accessible dans le langage et l’écriture. L’autrice raconte sa découverte progressive du féminisme, ainsi que sa prise de conscience d’être féministe, à travers des scènes marquantes vécues dans son enfance et adolescence au Nigeria. Ce livre est la mise à l’écrit d’un discours tenu dans le cadre d’une conférence Ted Talk, un format de conférence qui privilégie l’accessibilité et la transmission d’une parole inspirée et engageante à toute forme de développement. Si la brièveté du témoignage pourra laisser des lectrices sur leur faim, cela fait aussi de « We Should All Be Feminists » un bon texte pour une introduction au féminisme. A mettre entre toutes les mains à partir de 13 ans peut-être ? Comme l’on fait remarquer des lectrices à notre réunion, la traduction française du titre est particulièrement mal choisie.


Livres du cercle de lecture de février 2026

présenté par Geneviève :

Mon vrai nom est Élisabeth de Adèle Yon 

C’est une enquête familiale destinée à redonner une image plus réaliste de l’arrière grand-mère de l’auteur, dont l’existence a été effacée de la mémoire de ses enfants puis de ses petits-enfants et arrières petits-enfants. Trois générations plus tard, Adèle Yon chercheuse de métier s’interroge sur sa santé mentale et remonte le fil de l’histoire familiale et de pratiques d’un autre temps destinées à se débarrasser de femmes jugées trop indépendantes. Les familles pouvaient ainsi faire interner une fille, une épouse , une belle -fille avec la complicité d’un médecin allant même jusqu’à accepter qu’elles deviennent des cobayes de chirurgiens adeptes de la lobotomie.
Une plongée douloureuse dans le monde de la toute puissance masculine.


présenté par Agnès P-M :

Ma vie sur la route de Gloria Steinem

Née en 1934, icône du féminisme, elle est journaliste, rédactrice, essayiste…mais surtout militante du mouvement de libération de femmes.
Elle a sillonné 50 ans durant les États-Unis pour défendre cette cause.
C’est cette expérience qu’elle raconte avec enthousiasme, sans en occulter les difficultés.
Son combat intersectionnel rejoint celui des minorités indiennes et noires américaines.
C est un livre encourageant et plein d’espoir, car il nous montre l’efficacité de son combat à son époque.
Et même s’il est mis à mal aujourd’hui, il a existé et imprégné la société américaine.
Une renaissance est donc possible.



présenté par Claire B. :

Sortir de la Maison hantée de Pauline Chanu

J’ai choisi ce livre car c’est un essai qui joint deux de mes centres d’intérêt personnels et syndicaux : les droits des femmes, et les droits en matière de santé. Le début du livre montre comment on a pu prendre pendant des années les femmes atteintes d’endométriose (qui n’était pas répertoriée médicalement) pour des folles car elles se plaignaient de douleurs à des endroits variés du corps, par crises. Par ailleurs, l’autrice explique que le terme « hystérique », qui ne correspond plus à aucune réalité médicale, est cependant encore utilisé dans des expertises psychiatriques. Ces éléments-là, joints à d’autres encore, amènent à ce que les femmes qui sont hospitalisées en psychiatrie le sont souvent à cause d’un homme proche (père, oncle, frère, cousin, conjoint…). Le livre parle de gas lighting, de contrôle coercitif… Après l’avoir lu, on n’a plus envie d’employer même au second degré le terme « hystérique », ni de croire un homme qui dirait que son ex est “folle”.


présenté par Fabienne D. :

Les féministes t’encouragent à quitter ton mari, tuer tes enfants, pratiquer la sorcellerie, détruire le capitalisme et devenir trans-pédé-gouine d’Alex Tamécylia

 Le titre n’est pas de l’autrice mais de Pat Robertson, télévangéliste américain, connu pour ses discours extrémistes. Alx Tamécylia a choisi ce titre provocateur, en commençant son livre par ces mots « parce que c’est drôle, c’est vrai, on va en parler « . Et effectivement, elle en parle. Féminisme et couple, féminisme et maternité….
 
Ce livre est un mélange d’essai, de poème en prose, de cri de révolte, voir un guide de recommandations, de questionnements . La critique est virulente, que ce soit sur la vie de couple,les violences masculines, les conséquences du capitalisme, les milieux militants. C’est percutant, sans concession, très documenté (les notes de bas de pages sont incisives, très à propos) et drôle, très drôle. Un humour parfois cynique , qui bouscule .


présenté par Fabienne F. :

Plutôt nourrir – l’appel d’une éleveuse de Noémie Calais et Clément Osé

Ce livre à deux voix m’a ouvert les yeux sur ce que peut être l’élevage quand il est empreint d’une philosophie militante de lutte contre l’agro-business. 
Bien que je sois plutôt contre l’exploitation des animaux, je dois dire que cette lecture m’a interrogée sur la condition difficile des producteurices. Elles doivent à la fois faire face au sexisme dans un milieu encore très masculin et à la difficulté du métier vers une évolution plus éthique. J’avoue avoir été touchée par ce témoignage. 
J’invite toustes celleux qui seraient encore indécis·e·s sur leur manière de consommer de la viande à lire ce livre pour peut-être envisager de soutenir plutôt les petit·e·s producteurices que l’élevage intensif.


Les autres titres :

  • Les grandes oubliées de l’histoire de Titou Lecoq présenté par Lucie,
  • Libérées de Titou Lecoq présenté par Diane, 
  • Réprimer et réparer de Antoine Idier,
  • Jeune et fauchée de Florence Dupré La Tour présentés par Carole