Livres du cercle de lecture de février 2026
présenté par Geneviève :
Mon vrai nom est Élisabeth de Adèle Yon
C’est une enquête familiale destinée à redonner une image plus réaliste de l’arrière grand-mère de l’auteur, dont l’existence a été effacée de la mémoire de ses enfants puis de ses petits-enfants et arrières petits-enfants. Trois générations plus tard, Adèle Yon chercheuse de métier s’interroge sur sa santé mentale et remonte le fil de l’histoire familiale et de pratiques d’un autre temps destinées à se débarrasser de femmes jugées trop indépendantes. Les familles pouvaient ainsi faire interner une fille, une épouse , une belle -fille avec la complicité d’un médecin allant même jusqu’à accepter qu’elles deviennent des cobayes de chirurgiens adeptes de la lobotomie.
Une plongée douloureuse dans le monde de la toute puissance masculine.
présenté par Agnès P-M :
Ma vie sur la route de Gloria Steinem
Née en 1934, icône du féminisme, elle est journaliste, rédactrice, essayiste…mais surtout militante du mouvement de libération de femmes.
Elle a sillonné 50 ans durant les États-Unis pour défendre cette cause.
C’est cette expérience qu’elle raconte avec enthousiasme, sans en occulter les difficultés.
Son combat intersectionnel rejoint celui des minorités indiennes et noires américaines.
C est un livre encourageant et plein d’espoir, car il nous montre l’efficacité de son combat à son époque.
Et même s’il est mis à mal aujourd’hui, il a existé et imprégné la société américaine.
Une renaissance est donc possible.
présenté par Claire B. :
Sortir de la Maison hantée de Pauline Chanu
J’ai choisi ce livre car c’est un essai qui joint deux de mes centres d’intérêt personnels et syndicaux : les droits des femmes, et les droits en matière de santé. Le début du livre montre comment on a pu prendre pendant des années les femmes atteintes d’endométriose (qui n’était pas répertoriée médicalement) pour des folles car elles se plaignaient de douleurs à des endroits variés du corps, par crises. Par ailleurs, l’autrice explique que le terme « hystérique », qui ne correspond plus à aucune réalité médicale, est cependant encore utilisé dans des expertises psychiatriques. Ces éléments-là, joints à d’autres encore, amènent à ce que les femmes qui sont hospitalisées en psychiatrie le sont souvent à cause d’un homme proche (père, oncle, frère, cousin, conjoint…). Le livre parle de gas lighting, de contrôle coercitif… Après l’avoir lu, on n’a plus envie d’employer même au second degré le terme « hystérique », ni de croire un homme qui dirait que son ex est “folle”.
présenté par Fabienne D. :
Les féministes t’encouragent à quitter ton mari, tuer tes enfants, pratiquer la sorcellerie, détruire le capitalisme et devenir trans-pédé-gouine d’Alex Tamécylia
Le titre n’est pas de l’autrice mais de Pat Robertson, télévangéliste américain, connu pour ses discours extrémistes. Alx Tamécylia a choisi ce titre provocateur, en commençant son livre par ces mots « parce que c’est drôle, c’est vrai, on va en parler « . Et effectivement, elle en parle. Féminisme et couple, féminisme et maternité….
Ce livre est un mélange d’essai, de poème en prose, de cri de révolte, voir un guide de recommandations, de questionnements . La critique est virulente, que ce soit sur la vie de couple,les violences masculines, les conséquences du capitalisme, les milieux militants. C’est percutant, sans concession, très documenté (les notes de bas de pages sont incisives, très à propos) et drôle, très drôle. Un humour parfois cynique , qui bouscule .
présenté par Fabienne F. :
Plutôt nourrir – l’appel d’une éleveuse de Noémie Calais et Clément Osé
Ce livre à deux voix m’a ouvert les yeux sur ce que peut être l’élevage quand il est empreint d’une philosophie militante de lutte contre l’agro-business.
Bien que je sois plutôt contre l’exploitation des animaux, je dois dire que cette lecture m’a interrogée sur la condition difficile des producteurices. Elles doivent à la fois faire face au sexisme dans un milieu encore très masculin et à la difficulté du métier vers une évolution plus éthique. J’avoue avoir été touchée par ce témoignage.
J’invite toustes celleux qui seraient encore indécis·e·s sur leur manière de consommer de la viande à lire ce livre pour peut-être envisager de soutenir plutôt les petit·e·s producteurices que l’élevage intensif.
Les autres titres :
- Les grandes oubliées de l’histoire de Titou Lecoq présenté par Lucie,
- Libérées de Titou Lecoq présenté par Diane,
- Réprimer et réparer de Antoine Idier,
- Jeune et fauchée de Florence Dupré La Tour présentés par Carole
